La conclusion après des années de méthodes
J'ai lu les livres, testé les systèmes : GTD, Pomodoro, time-blocking, bullet journal. Chacun fonctionnait deux semaines. J'ai fini par comprendre une chose simple, que toute la littérature sur les habitudes répète d'ailleurs : une action se répète quand elle est suivie d'une récompense perçue comme valable. Ma volonté n'était pas en cause. Il manquait la contrepartie.
Le système conditionnel, puis les points
J'ai d'abord essayé le conditionnel — « si je fais ça, alors j'ai droit à ça ». Trop rigide : une tâche ne correspond jamais exactement à une récompense. Je suis passé à une monnaie : des points, gagnés à l'effort, dépensés librement. Tenu sur un carnet, à la main. Ça a marché — assez bien pour que mon entourage se mette à l'utiliser aussi.
Mais tenir une comptabilité au stylo n'est pas viable. Il fallait un outil.
Apprendre Swift pour construire l'outil manquant
Je me suis lancé dans l'apprentissage du développement iOS natif (SwiftUI) avec un seul objectif : fabriquer l'app que je voulais avoir. Il s'est alors passé quelque chose d'amusant — j'ai utilisé les premières versions incomplètes de Wildone pour développer Wildone. C'est le système qui m'a permis d'avancer, pas l'inverse : il m'a rendu constant sur des mois, et il m'a fait prendre du plaisir à ce que je construisais. Les points gagnés en codant m'achetaient du temps libre sans culpabilité — et c'est ce qui me ramenait au clavier le lendemain.
Ce sur quoi je n'ai pas transigé
Noter une tâche ne doit pas demander dix appuis, un clavier qu'on ferme, un menu qu'on rouvre et trois boutons pour enfin l'enregistrer. Tout tient sur le même écran : un intitulé, une difficulté, un groupe. Une tâche se crée en trois gestes et se valide en un seul, sans que le clavier ait à disparaître entre-temps.
Les groupes servent à la même chose : séparer la maison, le travail et le sport, et décider pour chacun s'il rapporte des points ou s'il suit le niveau de difficulté. C'est la seule vraie configuration de l'application, et elle se fait une fois.
Enfin, tout reste annulable pendant trois secondes : la peur de se tromper décourage plus sûrement que la paresse. Rien de tout cela ne se remarque en ouvrant l'app une première fois. C'est en l'utilisant tous les jours que ça fait une différence.
Ce que je ne ferai pas
Wildone est développé par une seule personne, en France, sans investisseur et sans modèle publicitaire. Il n'y a donc rien à gagner à collecter vos données, ni à inventer de l'urgence dans l'écran d'abonnement. Ce qui est annoncé comme disponible l'est vraiment ; ce qui est en cours de développement est présenté comme tel. Le pari, c'est que la confiance vend mieux sur la durée que la pression.
L'entreprise : RomSoftware Solutions
Wildone n'est pas un projet isolé. J'ai fondé RomSoftware Solutions avec un objectif clair : fabriquer des outils. Des logiciels simples, utiles et réellement efficaces.
Je ne viens pas annoncer une révolution. La méthode est posée : repérer un manque, construire l'outil exact qui le comble, le livrer. Rien de superflu, rien de sur-conçu — de la valeur qui sert, apportée à un métier à la fois.
C'est une stratégie assumée : avancer pas à pas, poser les fondations pièce par pièce. Wildone est le premier logiciel publié sous ce nom. Il ne sera pas le dernier. L'exécution est méthodique ; l'ambition, elle, ne l'est pas.